La blessure de Jérémy Morel (pubalgie) offre au Morbihannais un intérim prolongé. Presque inespéré pour l'ancien défenseur rennais et guingampais.
Arnaud, on se doute que les semaines sont plus agréables quand on devine qu'on va jouer le week-end ?
C'est sûr que c'est plus agréable. On ne souhaite jamais la blessure d'un copain mais lorsque je suis revenu au FCL à l'aube de la saison 2008-2009, je connaissais le fonctionnement du coach et du club. Les choses étaient claires, je savais où je mettais les pieds. Le choix m'appartenait, j'ai pris ma décision et je joue le jeu jusqu'au bout.
Et vous aviez finalement disputé vingt-trois matches de L1.
(Rires) J'avais signé pour être la doublure de Jérémy, je savais que sauf blessure ou suspension, mon temps de jeu serait réduit. Et j'ai joué sans qu'il soit blessé. Le contexte avait changé et le coach avait mis « Jérem » dans le couloir gauche du milieu de terrain, une possibilité qui n'avait pas été ouvertement évoquée lorsque j'avais signé. Mais qui a libéré le poste de latéral gauche.
À l'intersaison, Morel voulait changer d'air. Puis, avec les arrivées de Sigamary Diarra et d'Olivier Monterrubio, deux milieux gauches, vos perspectives de jouer semblaient plus restreintes.
Mais si Jérémy était parti, quelqu'un d'autre serait arrivé. Il y aurait peut-être juste eu une nouvelle donne, une concurrence plus franche alors que là les choses sont établies. Ensuite, c'est vrai que Jérémy risque fort d'effectuer une saison comme défenseur.
On se doute que cela n'est pas facile de retrouver la L1 du jour au lendemain ?
C'est la même chose pour tout joueur qui rentre sans avoir beaucoup joué. Or il faut des semaines pour retrouver le rythme. Et souvent on n'a pas la possibilité de s'installer, ce n'est que du ponctuel. À la limite, moi je n'ai pas à me plaindre, il y a un an j'étais tombé au bon moment, quand l'équipe tournait bien, et j'avais enchaîné les rencontres. Du coup, cela avait été une saison plus que correcte. Cette année encore, l'opération de Jérémy va me permettre d'aligner normalement une dizaine de rencontres d'ici la trêve.
Vous voilà dans la peau d'un titulaire. Comment jugez-vous le FCL version 2009-2010 ?
On a assisté à la fin d'un cycle avec le départ de garçons qui étaient peut-être plus talentueux mais qui avaient besoin de nouveaux challenges. Ceux qui arrivent apportent plus et surtout, pour la majorité, ils ont une grosse marge de progression. Collectivement, on est supérieur.
Alors, quels objectifs peut nourrir cette équipe ?
On peut raisonnablement être optimiste... c'est-à-dire gagner deux places par rapport aux deux dernières saisons, soit finir huitième. Car il ne faut pas oublier non plus que le groupe a été modifié à 60-70 % par rapport à l'an dernier, donc il ne faut pas s'enflammer.
Mais les premières rencontres ont laissé entrevoir de la qualité.
À Toulouse, sur le plan du jeu, on s'impose à l'« arrache », c'était laborieux. Ce n'est pas sur ce match-là qu'il faut s'appuyer. Il nous faudra plus de vécu ensemble pour viser plus haut, on est dans une période délicate. Et on sait que ce championnat de L1 est très serré, que deux ou trois matches sans victoire peuvent te faire rentrer dans le rang.